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Montsé Lopez
Infirmière d'Etat, polyclinique Saint Roch

Le processus de deuil des patients en fin de vie

 

 

En tant qu'infirmière, mon rôle est de veiller à ce que le malade en fin de vie ne souffre pas, qu'il soit en mesure d'exprimer ses besoins, qu'il soit répondu à ses demandes pour lui assurer le plus grand bien être possible. Malheureusement, la charge de travail d'une soignante laisse peu de place à une relation d'aide. C'est là que commence le rôle de I'accompagnant : ni médecin, ni psychologue, ni infirmière, il est aux côtés de la personne qui souffre, a son écoute.

Le processus de deuil se compose de cinq étapes qu'il est important de connaître lors de l'accompagnement du mourant dans la souffrance. Chacun est différent et réagit à sa manière face à l'avancement de la maladie. Des changements de caractère se produisent souvent. Première étape du deuil, la personne se renferme sur elle-même. Ce refus de la maladie est une stratégie de protection contre le choc de l'information, qui entraîne une déstabilisation psychologique trop importante. Parfois, l'accompagnement à ce moment-là n'est pas ce que le malade souhaiterait, car il a besoin de réfléchir, de supporter sa souffrance. Lors de la deuxième étape, l'irritation et la colère peuvent éclater, avec la question « pourquoi moi ?». On doit s'attendre à une grande agressivité. Irrité par tout ce qui l'entoure, le patient peut exprimer des sentiments envieux – «je voudrais bien sortir, moi aussi» «je ne verrai plus de paysages» L’accompagnant doit écouter sans un «quand tu sortiras, tu verras, tout ira mieux», le malade ne sortira pas et cela n'ira pas mieux.

A la troisième étape, le marchandage, le malade s'engage à avoir une attitude positive. Il s'efforce de ne faire souffrir personne, il a envie de «parler d'autre chose», il exprime le besoin de changer de sujet.

 

La dépression, avant-dernière étape du chemin, correspond à la prise de conscience de la gravité de la maladie. Les problèmes matériels liés au milieu médicalisé, les soucis pour sa famille. la séparation affective à entreprendre, le bilan d'une vie. Le sentiment d'une existence bien accomplie facilite l'inévitable départ, un jugement globalement négatif engendre un malaise. C'est alors qu'il faut être vigilant pour que ne s'éveillent pas les angoisses présentes en chacun.

L'acceptation, c'est la fin du voyage, le retour à une certaine stabilité pour cette personne fatiguée et très faible. Des moments de tranquillité lui sont nécessaires, mais aussi la présence de ceux qu'elle aime et le rappel de ses souvenirs. C'est le temps pour un sourire, un mot d'amour ou simplement le silence. Elle est plus consciente que jamais et le désir d'en finir avec cette souffrance émerge doucement ou bien brusquement, quand la douleur est plus forte. Un père, une mère, un fils, c'est tout son entourage qui, lui aussi, a besoin d'une aide.

Pour informer des colloques, réunions,formations sur les thèmes des soins palliatifs ou de l'accompagnement organisés dans la région,une rubrique a l'intention des personnels soignants, des bénévoles accompagnants ou du grand public ...Merci de nous transmettre vos informations afin que chacun puisse en bénéficier.